Poème de la semaine: Ma Prière

Publié le 22/04/2011

Alors que s’évapore mon nectar de vie En gouttes de secondes salées Et que ma sève par mes pores avec art s’enfuit Sur la route des monde exhalés...

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Poème de la semaine: Ma Prière

Alors que s’évapore mon nectar de vie
En gouttes de secondes salées
Et que ma sève par mes pores avec art s’enfuit
Sur la route des monde exhalés
Bref alors que je sais que je vais vers ma mort
Je sais que s’élève fort en mon for une psalmodie
écoute elle gronde et sort de mon intérieure vallée
C’est une prière que je souhaite te partager
Elle n’est pas de la bible ni du coran ni de la torah ni d’aucun livre
Elle naît d’elle-même elle s’imbibe dans les corps en vie à tord à travers libre
Alors que lentement se sauve l’oxygène qui nous reste
C’est mon hurlement de fauve dans l’ignorance de mes gestes
C’est une prière comme un geyser
Qui ne cherche pas à donner aux autres la paix sacré
Mais plutôt à se consacrer à se sacrer la paix une fois pour toute et sans doute
Une prière qui se hasarde hors de tout calcul émotif
Qui n’a pas de motif qui n’est surtout pas un temple
Elle n’a pas besoin de pyramide parce qu’elle est amie des sapins et des ifs
Une prière comme un courage et un affront d’être naïf
Dans le carrousel de l’importance que l’on a donné à la gravité
La gravité voyons donc ma prière rumine Rûmi sans nommé sont nom
Elle chante la vie c’est de l’impro faîtes
De votre mieux pour être votre propre prophète
Il soufi de rester zen dans sa voie grounder la tête et le cœur en fête
Si tu te sens si confusius c’est peut-être que Tao blié Lao-Tseu v’nait
Trop facile de se déconnecter du raël
Devenir des professionnels du doute
Des pros testant la foi des autres
Chaque apôtre attrape ce qu’il peut c’est bon aussi si t’attrape autre
Chose que ce qu’on veut
En fait chacun à dans son cœur un minaret
Que ce soit Azan, les vêpres, les vedas ou un gospel qui retentisse
Il n’y a qu’un seul mantra : Pou poum pou poum pou poum
Une prière lisse qui s’immisce dans les interstices de l’être
Et qui fait plisser le factice et les palisses du paraître
Une prière aux échos de la ville d’Ys
Rappelles toi des pays de là-bas l’or jaillissait pour rien de nos bras
Et nos maisons n’avaient pas de porte
Notre foi c’était en la foi elle-même nous n’en parlions même pas
C’était il y a bien longtemps enfin j’aimerais terminer en disant
Je ne crois pas en quelques chose j’ose croire en croire c’est tout
Ma prière c’est oui constaté la déchéance même en moi
Mais quand même donner semence à croire
Que même la haine au fond d’elle même
Elle m’aime…

©Mathieu Lippé